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Quartier libre
en salle le 25 février 2026 réalisé par Christophe Delsaux.
La durée du film est de 72 minutes.
On y retrouve le casting suivant :
Lyna Dubarry, Gilles Vandeweerd, Margaret Zenou,
Mustapha Moumoune, Zahia Aissaoui, Marie-Charlotte Biais, Coumba Marega, Oilid Ibrahim "Resko".
Quand Pierre, architecte, arrive dans la cité des Indiens pour s'occuper de la rénovation urbaine, il se heurte à la méfiance des habitants.
Parmi eux, Nadia, une jeune femme qui fait vivre sa famille grâce à un petit trafic de contrefaçon.
Quand elle décide de manipuler Pierre et d'entrainer les habitants dans son combat contre les destructions, rien ne se passe comme prévu…
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QUARTIER LIBRE Bande Annonce (2026) Lyna Dubarry
QUARTIER LIBRE Bande Annonce (2026) Lyna Dubarry, Drame, Film Français © 2025 - Oriflamme Films
Entretien AVEC CHRISTOPHE DELSAUX • RÉALISATEUR
Comment est venue l’idée de faire ce film ?
J’avais lu un article de Libération sur
le quartier de la Coudray à Poissy.
Un cas emblématique. Le maire de l’époque (2007) avait annoncé aux habitants qu’il voulait « faire table rase et repartir du bon pied ». C’est-à-dire détruire des HLM pour faire de l’habitat privé et du logement en accession sociale à la propriété, avec une volonté affichée de faire de la mixité sociale. Pour les habitants, ça a été très clair, ils n’étaient plus les bienvenus dans leur propre quartier. Trop pauvres, pas assez blancs, ne votant pas ou mal, il fallait qu’ils dégagent ! La violence qui s’exerce lors de ces grands projets de rénovation urbaine me semble sous- estimée : les gens qui sont relogés doivent déménager, et perdent toute la part sensible qui les attache à leurs quartier, les liens qui les unissent à leur voisins, leurs amis...
Ce qui s’est passé à la Coudray a ensuite été incroyable :il y a eu une forte mobilisation des habitants afin de refuser ce diktat,
et de proposer un autre projet. Des architectes et urbanistes se sont intéressés à leur cas, et sont venus leur prêter main-forte. À la toute fin, le projet initial a été retoqué, et la rénovation a été faite de manière plus harmonieuse. Ma volonté était de faire un film qui mette en avant le vouloir et le pouvoir des habitants, et de manière plus large de ceux qui sont tenus à l’écart des décisions, que l’on renvoie toujours à leur manque de compréhension face aux grands problèmes.
Pourquoi prendre la forme d’une fiction, d’une comédie sentimentale ?
J’avais envie d’un film distrayant, d’une forme légère pour aborder un sujet grave. Je voulais des personnages dont la rencontre produit des étincelles.
Et aussi il me semblait très important de représenter les quartiers populaires de manière positive. Je voulais me rapprocher des habitants, de leur environnement, et expliquer leur attachement à leur quartier. J’avais envie de couleurs joyeuses, d’une douceur à rebours de la description habituelle de ces quartiers. Je ne veux pas nier la violence ni les difficultés, et elles sont présentes dans le film, mais pour moi elles sont souvent surreprésentées. Je voulais m’inscrire
à rebours de la description qu’on fait trop souvent de ces habitants (racailles, sauvages...) et de leur environnement (grisaille, drogue, religion). Cette manière d’enfermer des populations entières dans des représentations anxiogènes sert des projets politiques mortifères. Pour moi il fallait s’en éloigner.
Quelles ont été les grandes étapes ?
J’ai écrit pendant pas mal de temps, c’est mon premier long métrage en tant que réalisateur, et il a fallu que j’apprenne, même si j’avais réalisé plusieurs courts métrages avant Quartier libre. Notamment Le Silence et l’oubli (22 min), un film avec Malik Zidi, qui joue un professeur en banlieue confronté à la mémoire de la guerre d’Algérie, via une confrontation avec son père (Philippe Nahon).
Quartier libre s’est fait de manière très légère, et ce grâce au quartier Orgemont, à Epinay-sur-Seine, où je me suis tout de suite senti bien et accueilli.
Je m’y suis rendu très régulièrement pendant la préparation, qui a duré presque un an, de manière discontinue mais il y avait besoin de ce temps pour se faire connaitre, montrer sa tête. Quand j’ai pris la décision de tourner, je savais que ça allait être très juste au niveau financier, mais c’est passé. Le fait d’être mon propre producteur a rendu la chose possible. Le montage a été un moment difficile, pour moi c’est vraiment l’accouchement, et il a fallu tout reconsidérer.
Pourquoi écrire une histoire d’amour ?
J’avais envie de personnages d’abord un peu prisonniers d’eux-mêmes, de leur quotidien, de leur environnement. Pas forcément heureux. Là où ça m’intéressait aussi c’était de les faire roués, qu’ils puissent mobiliser leurs ressources afin de séduire par intérêt. Et que l’amour vienne ensuite, à mesure qu’ils jouent à faire semblant.
Je voulais aussi parler d’attachement à des lieux, et aux personnes qui les occupent. Pierre change à leur contact. Au début il se défend, il reste au chaud à s’occuper de plans, de maquettes. Quand je passe devant les cabinets d’architectes, je suis toujours sidéré de les voir en rangs serrés devant leur Mac, à simuler des bâtiments toute la journée. Je sais bien qu’ils vont aussi au contact, des gens, des lieux, mais je crois qu’à un certain endroit ils ne peuvent pas s’empêcher de voir les habitants comme des empêcheurs de construire en rond.